Le sud de Cabo de Gata présente un visage très différent des criques qui entourent La Isleta del Moro. En une journée, on peut découvrir des salines toujours en activité, observer flamants roses et limicoles, marcher sur une plage presque dépourvue de constructions, comprendre l’histoire d’une communauté de sauniers et terminer face au relief volcanique de l’Arrecife de las Sirenas.
Excursion depuis La Isleta del Moro : l’itinéraire
Le départ se fait à La Isleta del Moro, petit village de pêcheurs aux maisons blanches, aux barques tirées sur le rivage et aux deux anses protégées par des roches sombres. Le calme du matin y est particulièrement agréable. Pour une première visite, notre guide de La Isleta del Moro complète bien cette excursion.
Los Escullos constitue une première halte facultative, notamment pour le Castillo de San Felipe et la dune fossile. Il faut ensuite s’éloigner du littoral. Aucune route côtière continue ne relie La Isleta au phare en voiture : falaises, criques et secteurs protégés interrompent le rivage. Le trajet passe près d’El Pozo de los Frailes, puis traverse l’intérieur du parc vers San Miguel de Cabo de Gata. Ce n’est qu’à cet endroit que l’on rejoint l’AL-3115 en bord de mer.
- La Isleta del Moro — départ après le petit-déjeuner.
- Los Escullos — halte paysagère facultative de 15 à 30 minutes.
- Intérieur du parc — route vers San Miguel de Cabo de Gata.
- Salinas de Cabo de Gata — observatoires et arrêt principal.
- Iglesia de las Salinas — mémoire des familles de sauniers.
- Playa de las Salinas — promenade au bord de la Méditerranée.
- La Almadraba de Monteleva et La Fabriquilla — petits hameaux côtiers.
- Faro de Cabo de Gata — montée sur le versant volcanique.
- Mirador de las Sirenas — final au-dessus du récif.
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Carte statique indicative. Fond de carte : Esri World Street Map ; sources : Esri, HERE, Garmin, USGS, OpenStreetMap et la communauté SIG. Les numéros correspondent à l’itinéraire ; les points 5–6 et 8–9 partagent chacun un repère, car les lieux de chaque paire sont voisins. Vérifiez la navigation et la signalisation le jour même. Ouvrir le trajet dans Google Maps.
Salinas de Cabo de Gata : eau, sel et histoire vivante
Les salines occupent une plaine littorale séparée de la Méditerranée par un cordon sableux. Une lagune naturelle s’est formée ici au Quaternaire ; pendant des siècles, l’être humain l’a adaptée afin d’exploiter le soleil, le vent et de faibles différences de niveau pour produire du sel. L’ensemble paysager couvre environ 400 hectares, tandis que la fiche officielle de la zone humide protégée en délimite 300. Ce sont les dernières salines de la province d’Almería où la production industrielle se poursuit.
L’eau de mer entre dans un réseau de canaux et de bassins. En traversant les bassins d’évaporation, de chauffe, de concentration et de cristallisation, elle perd progressivement du volume. Le soleil et le vent accélèrent l’évaporation, la salinité augmente et les minéraux précipitent dans un ordre déterminé. Dans les derniers bassins, moins profonds et très concentrés, le chlorure de sodium cristallise en quantité.
Ce gradient explique aussi les couleurs. Certaines surfaces sont bleu acier ; d’autres deviennent vertes, lilas ou roses. La profondeur, la lumière, les matières en suspension et les organismes capables de supporter une salinité extrême interviennent, notamment des microalgues et des microorganismes halophiles pigmentés. Le rose n’est ni une teinture ni une couleur permanente de chaque bassin : il apparaît dans certaines conditions et peut changer d’une semaine à l’autre.
L’aménagement humain a parallèlement créé une mosaïque écologique précieuse. Les bassins plus profonds accueillent canards, hérons et flamants ; les vasières attirent les limicoles ; digues et îlots servent de reposoirs ou de sites de nidification. Production et conservation sont donc étroitement associées : maintenir la circulation de l’eau et l’activité salinière contribue à préserver la zone humide.
Son rôle dépasse l’Andalousie. Cabo de Gata se trouve sur la voie migratoire entre l’Europe et l’Afrique. Au printemps, les oiseaux s’y reposent après avoir franchi la Méditerranée ; en automne, avant de poursuivre vers le sud. Depuis l’AL-3115, le paysage se lit d’un seul regard : mer et plage d’un côté, bassins géométriques de l’autre, puis montagnes volcaniques arides.
Flamants de Cabo de Gata : où, quand et comment les observer ?
Les observatoires d’oiseaux
Le flamant rose (Phoenicopterus roseus) fréquente les Salinas de Cabo de Gata. L’observation se fait depuis les observatorios de aves publics et les sentiers autorisés, sans pénétrer dans les bassins. Le réseau officiel comprend cinq observatoires. Plusieurs sont accessibles par de courtes marches depuis les zones d’arrêt de l’AL-3115 ; les fiches officielles situent les premiers accès autour des kilomètres 15 à 17. L’observatoire 5 se rejoint par une piste près de la bifurcation de La Fabriquilla, puis sur environ 2,2 km le long des salines.
Une première phase de restauration s’est achevée en août 2026 : les cinq observatoires, 10,8 km de clôture et cinq panneaux panoramiques ont été améliorés. Une seconde phase était annoncée à partir d’octobre 2026, ce qui peut modifier temporairement certains accès. Il faut respecter les panneaux en place, éviter les voies techniques et ne jamais contourner une fermeture. Garez-vous uniquement dans les emplacements indiqués ; leur disponibilité varie avec les travaux, la saison et l’affluence.
Peut-on voir des flamants toute l’année ?
La fiche officielle de l’observatoire 1 indique que l’espèce est présente toute l’année, mais ses effectifs ne sont pas constants. Niveau d’eau, salinité, nourriture, état d’autres zones humides et déplacements saisonniers déterminent la taille des groupes et le bassin choisi. Les migrations de printemps et d’automne accentuent le mouvement des oiseaux, sans garantir un grand rassemblement devant l’observatoire. Une observation naturelle reste une possibilité, pas un spectacle programmé.
Pourquoi sont-ils roses et comment mangent-ils ?
Le plumage rose vient des caroténoïdes présents dans les algues et les petits animaux aquatiques qui s’en nourrissent. L’organisme du flamant transforme ces composés et dépose les pigments dans les nouvelles plumes. Pour s’alimenter, l’oiseau baisse la tête, place son bec courbé presque à l’envers et pompe l’eau avec la langue. Des lamelles en forme de peigne laissent sortir l’eau tout en retenant petits crustacés, larves, graines et algues.
Observer et photographier sans déranger
- Le matin et la fin d’après-midi offrent une lumière plus douce et des températures généralement plus agréables.
- Des jumelles 8× ou 10× sont très utiles. Pour la photo, un téléobjectif conserve bien plus de détails que le zoom numérique d’un téléphone.
- Acceptez que les oiseaux soient loin : cette zone tampon participe à leur protection.
- Parlez doucement, coupez les sons de l’appareil et partagez les ouvertures de l’observatoire.
- N’entrez jamais sur les digues ou entre les bassins, ne franchissez pas les clôtures et n’approchez pas le groupe. L’usage des drones est réglementé dans cet espace protégé.
Pas seulement des flamants : petit guide ornithologique
Échasse blanche
Himantopus himantopus se reconnaît à ses très longues pattes rouges, son bec fin et droit et son plumage noir et blanc. Elle avance dans l’eau peu profonde à la recherche de petits invertébrés.
Avocette élégante
Recurvirostra avosetta est également noire et blanche, mais son bec mince est recourbé vers le haut. Elle le balaie latéralement dans l’eau pour capturer sa nourriture.
Gravelots et bécasseaux
Ces petits limicoles courent sur les bords et les vasières. Taille, couleur des pattes, forme du bec et saison aident à les distinguer ; un guide de terrain est précieux.
Hérons, goélands et canards
Les bassins profonds accueillent hérons et anatidés, tandis que des goélands se reposent sur les digues. Espèces et effectifs varient avec la saison et l’eau disponible.
Plus de 80 espèces d’oiseaux ont été signalées dans les salines. Leur diversité et leurs effectifs varient selon la saison, le niveau de l’eau et la nourriture disponible : chaque visite peut donc être différente.
Iglesia de las Salinas : seule entre mer et bassins
L’Iglesia de las Salinas, aussi appelée Iglesia de la Almadraba, a été construite en 1907 à l’initiative des propriétaires des salines pour les familles des ouvriers. Son clocher carré très élancé domine une plaine presque horizontale. Le bâtiment reste sobre, mais possède des détails historicistes, une nef haute et un portique caractéristique. Sa plateforme surélevée le protégeait de l’eau et du sable transporté par le vent.
L’église rappelle que les salines formaient une communauté, pas seulement une usine à ciel ouvert : logements, équipements techniques, vie religieuse et relations avec la pêche de La Almadraba. Le déclin du village a entraîné celui du bâtiment. Le dernier office avant fermeture a eu lieu en 2004 ; dégradation structurelle et vandalisme ont ensuite rendu le sauvetage urgent. Après une mobilisation locale et des accords institutionnels, la restauration s’est achevée et l’église a rouvert le 23 septembre 2012.
Son implantation le long de la route, avec la Méditerranée d’un côté et les salines de l’autre, en a fait l’un des motifs les plus photographiés de Cabo de Gata. Faites-en le tour et regardez la tour se détacher sur les montagnes. En revanche, ne basez pas la journée sur une visite intérieure : aucun horaire régulier clair n’est publié, et l’ouverture peut dépendre d’événements, de la saison ou de l’organisation locale.
Playa de las Salinas, La Almadraba et La Fabriquilla
La Playa de las Salinas longe la zone humide sur plusieurs kilomètres. Large, ouverte, elle n’a pas la forte densité bâtie des grandes stations balnéaires. Une courte marche suffit pour saisir le contraste : vagues et horizon d’un côté ; derrière la route, eau salée peu profonde et montagnes. Comptez 20 à 40 minutes si le vent le permet. Levante et poniente peuvent soulever le sable et modifier fortement la température ressentie.
La Almadraba de Monteleva s’est développée avec les salines et la mer ; son nom évoque également d’anciennes techniques de pêche. Plus loin, la minuscule La Fabriquilla se trouve au bout de la plage et ouvre naturellement la route du phare. Les services peuvent être saisonniers : emportez eau et encas depuis La Isleta ou faites des provisions dans un village plus important.
Faro de Cabo de Gata et Mirador de las Sirenas
Après La Fabriquilla, la route se rétrécit et monte sur le versant volcanique. Entre les virages apparaissent la plage, les salines et une côte de plus en plus rocheuse. Roulez lentement à cause des cyclistes, des piétons et des rafales. Ne vous arrêtez sur la chaussée ou l’accotement qu’aux endroits expressément autorisés.
Le Faro de Cabo de Gata a été construit en 1863 sur les vestiges de la batterie défensive San Francisco de Paula, datée du XVIIIe siècle. Il signalait une côte dangereuse et la roche peu profonde de la Laja del Cabo, liée à de nombreux naufrages, et conserve sa fonction de navigation. Les environs offrent de vastes panoramas sur la Méditerranée, les falaises et des roches allant de l’ocre au presque noir.
À proximité, le Mirador de las Sirenas domine l’Arrecife de las Sirenas. Ses aiguilles sont les restes d’une ancienne cheminée volcanique mise à nu par l’érosion et partiellement submergée. L’interprétation officielle relie probablement le nom aux phoques moines de Méditerranée, que les pêcheurs appelaient « sirènes » ou « loups de mer ». Les sirènes mythologiques relèvent de la légende ; la présence des phoques sur cette côte jusqu’au milieu du XXe siècle est historiquement attestée.
Informations pratiques avant le départ
Combien de temps ?
Prévoyez 30–45 minutes pour les salines et un observatoire. La boucle complète demande 6–8 heures ; la conduite aller-retour représente environ 2 heures.
Comment venir ?
Depuis La Isleta, traversez l’intérieur vers San Miguel, puis suivez l’AL-3115 le long des salines, par La Fabriquilla, jusqu’au phare. N’empruntez pas de pistes côtières fermées.
Où stationner ?
Utilisez les emplacements signalés près des observatoires, de l’église, des hameaux et du terminus. Leur capacité peut évoluer ; arrivez tôt aux périodes fréquentées.
Quand partir ?
Automne, hiver et printemps sont plus doux. En été, évitez le milieu de journée. Matin et fin d’après-midi donnent une meilleure lumière ; vérifiez vent et alertes météo.
Que prendre ?
Jumelles, appareil avec téléobjectif, eau, chapeau, protection solaire, lunettes et chaussures confortables. Une couche légère coupe-vent est souvent utile.
Avec des enfants ?
Observatoires, couleurs et phare peuvent les passionner. Une surveillance étroite est nécessaire près des routes, falaises et pentes ; ne jamais franchir les barrières.
Faut-il un billet ?
Les fiches officielles ne mentionnent pas de paiement pour observatoires publics, plage ou belvédères. Les visites guidées dans l’exploitation sont distinctes et peuvent exiger réservation et paiement.
Comment protéger la nature ?
Restez dans les secteurs autorisés, gardez le silence, ne nourrissez pas les animaux, emportez vos déchets et respectez les fermetures. La distance protège les oiseaux.
D’autres excursions depuis La Isleta
Pour poursuivre avec la géologie et l’histoire industrielle, lisez notre guide des mines d’or de Rodalquilar. Pour une journée plus courte sans voiture, suivez la randonnée côtière vers Los Escullos. Une excursion au Cortijo del Fraile révèle une autre facette de l’intérieur rural du parc.
Questions fréquentes
- Où voir des flamants près d’Almería ?
- Aux Salinas de Cabo de Gata, depuis le réseau de cinq observatoires publics situé le long de l’AL-3115 et à proximité.
- Les flamants sont-ils présents toute l’année ?
- Oui, mais leurs effectifs et leur position varient selon l’eau, la nourriture et les déplacements saisonniers.
- Des jumelles sont-elles nécessaires ?
- Elles ne sont pas obligatoires mais vivement conseillées, car les oiseaux restent souvent loin des observatoires.
- Peut-on visiter les salines sans guide ?
- Oui, depuis les observatoires et chemins publics. La zone de production et les digues internes obéissent à d’autres règles d’accès.
- Combien de temps faut-il de La Isleta au phare ?
- Le trajet direct dure environ 55–65 minutes dans chaque sens. Comptez 6–8 heures pour la journée complète avec étapes.
- Cabo de Gata vaut-il la visite en automne ou en hiver ?
- Oui. Les températures sont agréables, la lumière douce et les oiseaux changent avec la saison ; vérifiez le vent et la météo.
- Peut-on s’arrêter près de l’Iglesia de las Salinas ?
- Des emplacements existent dans les environs, mais utilisez seulement ceux qui sont signalés et ne comptez pas sur une place libre aux heures de pointe.
Un sud de Cabo de Gata qui ne se résume pas aux plages
Cette journée réunit trois dimensions du parc. La première est naturelle : une zone humide sur la route migratoire, avec flamants et dizaines d’autres oiseaux. La deuxième est humaine : des siècles de production de sel et une communauté évoquée par ses hameaux et son église solitaire. La troisième est géologique : montagnes nues, cheminée volcanique devenue récif et falaises plongeant dans la Méditerranée. Ensemble, elles font de l’extrémité sud une excursion complète, et non un simple complément à un séjour balnéaire.
Sources et préparation
- Zone humide, oiseaux et cinq observatoires — Junta de Andalucía
- Observatoire 1 : flamants toute l’année et accès — Junta de Andalucía
- Restauration et état des observatoires en 2026 — Junta de Andalucía
- Formation et production du sel — mairie d’Almería
- Histoire et restauration de l’Iglesia de las Salinas
- Géologie, phare et origine du nom Las Sirenas — Junta de Andalucía
- Mirador de las Sirenas : accès et histoire — Turismo Níjar
- Caroténoïdes et alimentation par filtration — Smithsonian’s National Zoo
- Photo: Rosaflamingos Cabo de Gata par Iris Korn, CC BY-SA 3.0 · redimensionnement.
